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Guillaume SORO : « Construisons l’union sacrée autour de notre Chef, SEM Alassane OUATTARA »​

INTERVIEWS  /  26 Jul 2016

Chers collègues Députés,

A peine l’avons-nous ouverte, nous voici déjà à la clôture de la 1ère Session ordinaire de l’année 2016. Et pourtant, il est incontestable qu’elle aura bel et bien duré trois mois, comme l’exige d’ailleurs notre Constitution !

Sans être un adepte du fétichisme des dates, il me faut cependant convenir avec LAMARTINE qui se lamentait du caractère fugace du temps.

Chers collègues, malgré le temps qui court et l’horizon visible de la fin de notre mandat, nous pouvons, à bon droit, nous réjouir d’avoir gardé la même énergie et la même conscience professionnelle devant les obligations qui sont les nôtres.

C’est pourquoi, il me plait sans tarder, de vous féliciter pour l’importance du travail accompli dans la bonne marche de notre jeune Nation. Cette session aura en effet été studieuse car ce sont 21 projets textes que nous avons eu à examiner et adopter, dont la loi organique portant organisation du référendum pour l’adoption de la Constitution sur laquelle je reviendrai tout à l’heure.

Auparavant, permettez-moi de sacrifier au traditionnel mot de bienvenue à l’endroit de nos invités ici présents.

En votre nom à tous, Mesdames et Messieurs les Députés, je salue la présence de mes pairs Présidents d’Institutions.

Chers collègues Présidents,

En vous remerciant du fond du cœur pour votre présence si distinguée, qu’il me soit permis d’adresser, au nom de l’Assemblée nationale, mes vives félicitations au tout nouveau Président du Conseil Economique et Social, Monsieur Charles Koffi DIBY. Je veux le remercier de l’esprit de collaboration qu’il a tout de suite voulu cultiver en nous rendant une visite de courtoisie qui s’est muée en visite de travail, hier lundi. Je puis l’assurer à nouveau de la parfaite disponibilité de tous les députés à cet effet.

Chers collègues Députés,

Mesdames et Messieurs,

Je veux également adresser les remerciements de la Représentation nationale au Corps Diplomatique, aux Directeurs généraux, aux officiers supérieurs des Forces de Défense et de Sécurité, aux chefs religieux ainsi qu’à tous les jeunes, toutes les femmes, tous les citoyens ordinaires ou membres de la société civile qui, par leur présence, nous démontrent leur intérêt pour la vie de notre Institution.

Je terminerai sur ce chapitre par nos invités spéciaux.

En commençant par ceux auxquels vous êtes maintenant accoutumés, à savoir mes collègues chefs traditionnels. La délégation qui nous honore de sa présence ce jour nous vient du Département d’Oumé où j’ai séjourné récemment. Elle est conduite par le chef de canton d’Oumé, Monsieur ANY Zoboué Jean-Baptiste ici présent.

Distingués chefs d’Oumé, bienvenue dans la maison du Peuple, votre maison !

Dans le même élan et dans l’esprit d’ouverture qui caractérise notre pays, je veux vous demander de saluer deux autres délégations :

- la première, la délégation du Conseil national des Maliens en Côte d’Ivoire, conduite par son Président Monsieur DIAWARA Mahamadou dit Hamet ;

- la seconde, la délégation de l’Amicale Centrale des Sénégalais de Côte d’Ivoire, conduite par son président Monsieur CISSE Mamadou.

Merci, chers frères et sœurs Maliens et Sénégalais d’avoir accepté notre invitation par laquelle nous voulons traduire l’importance de cultiver la fraternité entre les Peuples africains.

Distingués invités,

Chers Collègues Députés

Ces civilités achevées et comme je l’ai indiqué au début de mon intervention, je voudrais, précisément, focaliser l’examen du bilan législatif de cette session sur quelques éléments de réflexion relatifs à la loi organique portant organisation du référendum pour l’adoption de la Constitution qui a suscité des débats passionnés.

Je rappelle que le texte a été voté avec 233 voix pour, donc dépassant largement la majorité qualifiée des deux tiers des membres de l’Assemblée requise. C’est le lieu pour moi de féliciter tous les députés sans exception pour la part active qu’ils ont prise dans la consolidation du processus démocratique.

Du reste, le Chef de l’Etat m’a encore réaffirmé ce jour même du vendredi dernier, sa confiance de voir la réforme constitutionnelle se nourrir du génie de l’innovation et de la modernité du Peuple ivoirien tout entier.

En effet, il y a dans la vie des nations, une place laissée à l’innovation dans la production normative. Les textes fondateurs comme la Constitution, les lois organiques comme les lois ordinaires, créateurs de droits nouveaux imposent souvent que soient revisitées les procédures anciennes ; que soient formulées de nouvelles propositions en rupture avec les pratiques antérieures ; que soient prises en compte dans le court, le moyen et le long terme, les solutions innovantes allant dans le sens de la consolidation de la démocratie et du renforcement de l’Etat de droit.

Les lois à caractère politique dont nous voulons doter notre pays imposent des compromis négociés avec l’ensemble des acteurs politiques pour réguler la société dans l’intérêt général de tous. Cela nous impose d’approfondir la réflexion sur le caractère général et impersonnel de la loi.

Chers collègues

Distingués invités,

Je me réjouis à ce niveau des larges concertations entre l’Exécutif et le Législatif engagées chaque fois que sont soulevées des questions d’interprétation des textes proposés et qui visent le plus souvent à la production de textes consensuels. C’est-à-dire respectant les principes de la généralité et de l’impersonnalité de la loi.

Je me réjouis également des consultations élargies entreprises par le président de la République lui-même avec l’ensemble des groupes sociaux constitués de notre pays. Je sais que beaucoup d’entre nous souhaitent apporter leur contribution à la Loi Fondamentale en cours d’élaboration. Ayons tous à cœur qu’il faut nous préparer à des changements majeurs dans notre vision de la Constitution, dans notre regard sur les modalités d’organisation des pouvoirs dans l’Etat.

Un premier pas, comme vous le notez, a été franchi le vendredi 22 juillet 2016 avec le vote de la loi organique portant organisation du référendum pour l’adoption de la Constitution. Cette loi qui précise les conditions d’organisation de ce type particulier de scrutin et ne concerne pas le contenu de la loi référendaire, nous conduit à parfaire notre démocratie.

Honorables députés,

Chers invités,

Il n’y a pas, dans le système démocratique, un instrument de mesure et d’expression de l’opinion aussi impartial et équitable que le référendum. La première vertu du referendum justement, consiste à mettre en œuvre le principe de la souveraineté du peuple, à mettre exceptionnellement en retrait la représentation nationale pour remettre entre les mains des citoyens, le pouvoir de se prononcer, directement et sans intermédiaire, sur les choix du Gouvernement.

En tant que Représentants du Peuple, notre rôle permanent est de tendre l’oreille et d’ouvrir l’œil sur ce qui se dit sur nos pratiques institutionnelles : le Peuple, dit-on, ne décide de rien ; le système politique dit-on également, cantonne les électeurs aux élections, donc à la politique politicienne. Eh bien ! Comme je le rappelais au cours de la séance du vote de la loi organique portant organisation du référendum pour l’adoption de la Constitution, ce mode de votation confère une composante participative encore plus grande à la démocratie. L’appel du corps des citoyens à exprimer directement son avis ou sa volonté à l’égard d’une mesure est un choix politique motivé par le souci de dépasser les affrontements manichéens, fratricides entre Ivoiriens pour franchir une étape supplémentaire dans la construction de l’Etat démocratique.

A cet égard, notre rôle en tant que Députés sera donc de rassurer les uns et les autres, ce à quoi je nous invite tous chers collègues.

Mesdames et Messieurs,

Après ce bref point sur l’ordre du jour de cette 1ère session, permettez-moi d’aborder à présent l’actualité marquée par les remous sociaux et autres soubresauts qui ont secoué notre pays ces récents jours.

En effet, nous avons été tous témoins des violences inouïes qui se sont emparées de certaines de nos villes, occasionnant hélas, perte en vie humaine, atteinte à l’intégrité physique de plusieurs personnes, pillages des biens publics et privés.

A l’origine, dit-on, se trouveraient des revendications liées au système de facturation de l’énergie électrique pour les ménages. Aussi fondées et légitimes que fussent ces revendications, rien ne saurait en revanche expliquer ni justifier la violence utilisée pour les exprimer. Je désapprouve totalement ces actes de vandalisme et je les condamne.

Face à l’outrage et à l’atteinte aux symboles de l’Etat, force doit rester à la Loi.

Mesdames et Messieurs

Vous vous souviendrez qu’en avril dernier, à l’occasion de mon discours d’ouverture de cette Session qui s’achève, j’interrogeais mes compatriotes en ces termes : « avec qui le Gouvernement doit-il discuter, si les médias virtuels demeurent hélas, les canaux exclusifs d’expression de nos mécontentements ? » J’ai appelé alors les mouvements syndicaux et associatifs à porter, « avec courage et responsabilité, les préoccupations sociales devant le Gouvernement, dans un cadre formel de discussion afin qu’un véritable Dialogue Social puisse être instauré ».

Le 1er Mai dernier, le Président de la République lui-même qui, maintes fois, a démontré qu’il reste attentif aux revendications de son peuple, en a donné une preuve supplémentaire lors de la Fête du Travail.

Pour rappel, il avait déclaré ce jour-là et, je cite : « je voudrais rassurer nos compatriotes et vous dire que je suis à votre écoute, j'entends vos critiques, je connais vos aspirations et je suis sensible à vos préoccupations. Je peux vous dire que chaque jour que Dieu fait, mon objectif est de faire en sorte que vos conditions de vie soient meilleures. Mon objectif est que les fruits de la croissance de notre pays soient mieux redistribués, et de façon juste et équitable ». Fin de citation.

Vous le savez autant que moi, chers Collègues, dans les moments de troubles et autres soubresauts, la division demeure l’ennemi le plus redoutable à craindre. La division ne nous rendrait que plus affaiblis face à l’ennemi.

C’est pourquoi j’en appelle à la sérénité de tous pour aborder, dans l’union, les difficultés au-devant de nous.

Surtout, ne nous laissons pas aller à la panique, ne nous divisons pas non plus, je vous en conjure ! Nous devons construire l’union sacrée autour de notre Chef, garant de l’unité nationale, Son Excellence Alassane OUATTARA. Cela est d’autant plus urgent qu’il me semble nécessaire de rappeler que c’est à nous, et à personne d’autre, de défendre le bilan du Chef de l’Etat que nous constatons quotidiennement.

Toutes les Institutions de la République doivent faire corps avec le Président de la République. Réfléchissons-y, en lieu et place de la rumeur corrosive et dévastatrice, rassemblons-nous, remobilisons-nous tous comme un seul homme pour défendre et préserver la paix si chèrement acquise.

Mes chers collègues Députés, évitons les procès en sorcellerie. Cela ne servirait à rien; nous devons travailler plutôt à l’union au resserrement des rangs, à l’apaisement et à la cohésion entre toutes les filles et tous les fils de ce pays. C’est bien cela notre sacerdoce.

C’est pourquoi je me réjouis de la séance de travail que nous avons eue hier, lundi, avec le Ministre de la Solidarité, de la Cohésion Sociale et de l’Indemnisation des Victimes, Madame Mariatou KONE, pour envisager ensemble, dans la complémentarité institutionnelle, les voies et moyens pour que les députés puissent tous, chacun en ce qui le concerne, et, dans sa circonscription, participer activement au retour de la paix durable dans nos campements, nos villages et nos villes.

L’expérience établit que dans de telles manifestations de violence aveugle, il y a de tout : ceux qui se laissent entrainer naïvement, mus par la colère, ceux qui ne s’y mêlent que pour piller et voler et enfin, ceux qui s’y incrustent et tentent de récupérer le mécontentement, à des fins inavouables, mus qu’ils sont par des agendas cachés.

Face à cela, quelle doit être notre posture ?

Evidemment, l’Etat doit demeurer en veille permanente et le Gouvernement agir avec fermeté pour consolider l’Etat de droit.

Par ailleurs, il nous appartiendra de reprendre rapidement en main notre jeunesse qui, par mimétisme, s’est laissée aller à des actes de défiance que nul ne saurait tolérer.

J’en appelle donc instamment et avec insistance à un retour aux fondamentaux du pacte social qui nous unit.

Il nous faut revenir sur cet impératif : semer l’amour, cultiver la paix, ce qui demeure le seul et unique moyen de se préserver, autant que faire se peut, de graves désillusions, et, pour ce faire, assurer la sécurité, qui en est le corollaire.

Chers collègues,

Nous y voilà : tous les efforts sont déployés pour que cette paix et cette sécurité permettent de consolider la réconciliation, à travers ce dialogue à l’ivoirienne dont le Président Félix Houphouët-Boigny ne cessait de nous rappeler qu’il est l’arme des forts, comme nous l’ont toujours dit nos parents, avec la réserve et la sérénité que procure la sagesse dans son authenticité.

Nous y voilà, prêts à engager ce combat des bonnes consciences, pour une cohésion sociale toujours plus étroite et toujours plus forte, pour une solidarité nationale toujours plus juste et plus équitable, avec l’ensemble des communautés qui composent notre espace géographique, économique et culturel.

À ce nouvel effort collectif, au service de la collectivité, à cet élan et à ce rassemblement des énergies au service de chacun et de tous, j’ai donné le nom de ‘Solidarité et Actions sociales’, et c’est ce thème que notre Parlement a choisi, je le rappelle, pour marquer cette dernière année de notre Législature.

Honorables Députés,

Chers Invités,

L’itinéraire de notre redressement sous la houlette du Président de la République nous a conduits de l’émergence économique à la cohésion sociale, et c’était le meilleur et le seul chemin que nous pouvions emprunter pour répondre à la double exigence de la prospérité et de l’équité.

Il était effectivement de la plus extrême urgence de mettre l’accent sur les objectifs économiques et, de ce point de vue et de l’avis de tous les observateurs éclairés, la Côte d’Ivoire est aujourd’hui sur la bonne voie.

Chacun sait que, c’est quand règnent la paix et la sécurité, que l’on peut agir efficacement sur la santé, l’école et le travail. Les chantiers sociaux sont immenses. Et nous savons tous qu’ils demandent beaucoup de temps et de patience.

Le Président de la République le disait encore récemment et je cite :

« L’émergence est un pari sur l’avenir. L’avenir se construit. L’émergence se construit dans la paix, la sécurité, le dialogue et la cohésion sociale ». Fin de citation.

Cette pensée sur l’émergence retient mon attention parce qu’elle est porteuse tout à la fois du bilan qui est le sien et de l’espérance qui est la nôtre.

Si vous me permettez un aparté à l’intention de mes pairs Députés, je voudrais faire remarquer que le thème de la solidarité que j’ai voulu développer cette année, me parait pour les Élus de la nation que nous sommes, une exigence, puisque notre travail de législateurs consiste justement à transformer ce qui paraît nécessaire au bon fonctionnement de notre société, en une obligation qui doit être respectée par tous les membres de notre communauté.

Il va sans dire que les actions sociales que nous avons et que nous entendons encore mener au cours de cette année 2016, ont été et seront conduites en direction et au bénéfice de tous nos concitoyens, de toutes origines.

Il ne s’agit pas de favoriser la naissance et la persistance d’une société d’assistés, mais d’encourager l’effort, de soutenir la promotion de la solidarité, de veiller à la concrétisation de cette vertu du cœur.

C’est sur cette note d’espoir que je voudrais, Mesdames et Messieurs, clore mon propos et souhaiter à tous et à toutes de bonnes vacances parlementaires.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Guillaume Kigbafori SORO

www.guillaumesoro.ci