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Catalogne: ces partisans de l'unité espagnole qui ne veulent plus des violences

AFRIQUE & MONDE  /  20 Oct 2019

Alors que la condamnation des leaders indépendantistes continue de susciter des manifestations de colère, ces dernières provoquent aussi un sentiment opposé auprès de cette moitié de Catalans qui se dit, elle, très à l’aise au sein de l’Espagne et qui croit en une nation unie.

Avec notre envoyé spécial à Barcelone, François Musseau

Nous sommes devant la délégation de la police nationale, rue Laietana, à deux pas de la cathédrale de Barcelone, par où passent d’innombrables touristes. Des dizaines de Catalans, Barcelonais pour la plupart, sont venus offrir des cadeaux aux policiers nationaux qui ont dû affronter la veille des indépendantistes radicaux : des bouquets de fleurs, des chocolats et même des jambons ibériques.

Susana, avocate, qui a assisté aux violences, fait partie de ces gens-là. « C’est pour cela que je suis venue, pour les remercier. Parce qu’hier moi j’étais ici, et les policiers ont été les seuls à nous protéger, nous protéger de ce vandalisme dont souffre ma ville, Barcelone », explique-t-elle.

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Sauna est représentative de cette Catalogne qui assiste, effarée, aux marches massives et aux rassemblements véhéments des partisans de l’indépendance. Cette Catalogne-là aime l’Espagne, son drapeau, sa police, son unité, et elle a peur du mouvement séparatiste.

Nouvelles élections

Le verdict de lundi qui a condamné neuf leaders sécessionnistes à des peines de neuf à treize années de prison rend furieux le camp indépendantiste. Mais pour cette Catalogne « espagnoliste », cette sentence est juste car, disent-ils, ces leaders ont commis un délit en organisant un référendum d’autodétermination illégal.

Toni, un cadre moyen qui travaille dans le secteur textile, estime que les hommes politiques séparatistes sont responsables de cette situation. « Les politiciens d’ici, de la Catalogne ne sont pas capables de condamner la violence, et comme ils n’en sont pas capables, ils poussent les gens à sortir dans les rues », estime-t-il.

Pour la Catalogne de Toni et de Susana, la seule solution passe par de nouvelles élections régionales et, selon eux, par la victoire des partis « espagnolistes ».

Avec RFI