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Équateur: des milliers d'Indiens à Quito pour une grande manifestation

AFRIQUE & MONDE  /  9 Oct 2019

Indigènes, syndicats et organisations populaires doivent lancer ce mercredi 9 octobre 2019 une grève générale indéfinie pour protester contre les mesures d’austérité qui ont plongé le pays dans la violence depuis une semaine

Avec notre correspondant à Quito,Éric Samson

Des milliers d’Indiens sont arrivés mardi à Quito. Leur agenda politique est très précis comme le rappelle Yaku Pérez, préfet indigène de la province de l’Azuay. « Ces mesures économiques rendent plus difficile la vie quotidienne des indigènes. C’est la raison pour laquelle nous devons manifester et résister pacifiquement pour exiger l'abrogation des mesures économiques et l'annulation du récent accord avec le FMI », explique-t-il.

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Dans la soirée de mardi, la police a fait un usage massif de gaz lacrymogène pour déloger les Indiens du parc de l’Arbolito, leur lieu traditionnel de concentration avant toute manifestation. Il s’agissait probablement de protéger l’Assemblée nationale brièvement occupée mardi par des manifestants et de faire respecter le couvre-feu décrété dans la zone.

Le palais présidentiel en ligne de mire

Après une semaine de tensions, la mort d’au moins deux personnes et des dégâts matériels chiffrés à plus de 1,3 milliard d’euros, le président Lenin Moreno a transféré lundi le gouvernement dans la ville côtière de Guayaquil.

Militante aguerrie de la lutte contre les entreprises minières, l’indigène Dolores Peralta n’était pas impressionnée. « Eux avec leur gaz lacrymogène, ils veulent nous vaincre, mais nous, les femmes indigènes, nous avons appris à nous défendre, souligne-t-elle. On a de l’eau de charbon ou de l’eau de piment. Cela pique dur quand on l’envoie dans les yeux. »

Ce mercredi, les Indiens vont essayer de se rendre vers le palais présidentiel déserté par le chef de l’État, mais toujours protégé par des tanks et des centaines de policiers.

Rafael Correa veut de nouvelles élections

Lenin Moreno a accusé mardi le président vénézuélien Nicolas Maduro et son prédécesseur à la tête de l’Équateur Rafael Correa de chercher à déstabiliser son gouvernement. Ce dernier en appelle de son côté à l’organisation de nouvelles élections. Guillaume Long a été ministre des Affaires étrangères de Rafael Correa. Il détaille les demandes de l’ancien président et de son parti Revolucion ciudadana.

« Notre première demande est la fin de ces réformes économiques antipopulaires, appauvrissantes qui ne font qu’accroître les inégalités, détaille-t-il. La deuxième demande fait face à une crise systémique, institutionnelle, politique et même de paix sociale aujourd’hui dans les rues des différentes villes et des campagnes de l’Équateur. Face à ça, on a un président qui a moins de 14% d’appui dans les sondages – avant les grandes manifestations, il a dû chuter encore plus –, une persécution brutale, très agressive contre ses opposants. Face à tous ces abus, face à toutes ces mesures antidémocratiques, à cette crise profonde que vit la société équatorienne, il est évident que nous sommes pour une issue démocratique c’est-à-dire des élections. Et la Constitution d’ailleurs le rend possible, il faut évidemment que tout le monde démissionne et qu’on puisse avoir de nouvelles élections législatives et aussi bien évidemment présidentielles. »

Avec RFI