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Mission d’évaluation du niveau de gouvernance du système de santé communautaire

AFRIQUE & MONDE  /  24 Apr 2019

Au sortir de l’atelier sur les Communes Amies des Enfants et le Monitorage en temps réel — CFC RTM sur les privations répétées des droits des enfants, il a été ensuite question d’évaluer le niveau de gouvernance du système de santé communautaire. A cet effet, la commune de Convergence de Bossou, préfecture de Lola, région de N’Zérékoréa été visitée. Bossou est l’une des quatre communes choisies comme pilote dans le cadre du CFC — RTM.


Localisée aux pieds du Mont Nimba, plus haut sommet de la Guinée avec 1752 m, créée en 1992, la commune de convergence de Bossou, composée de 10 districts et 2 secteurs, a une superficie de 236 km2 avec une population de 10 916 hbts dont 5 893 femmes. Elle est limitée au nord par la commune urbaine de Lola, au sud par la république du Libéria, à l’ouest par la commune rurale de Yalenzou et à l’Est par la commune rurale de Zoo. Elle est couverte par 17 relais communautaires (RECO) supervisés par 2 agents de santé communautaires (ASC) avec un centre de santé et 2 postes de santé.

Pour renforcer le système de santé communautaire, Robert Koné, Secrétaire général de la commune, joue également le rôle de conseiller technique auprès du maire : « Nous, nous sommes des agents de mobilisation. Nous interpellons tous les acteurs qui sont impliqués dans la mise en œuvre du système de santé communautaire pour mettre en place un cadre de concertation. Nous sommes la courroie de transmission entre la communauté, le centre de santé et les partenaires. Nous prônons une gouvernance participative qui implique l’engagement de tout le monde de la petite unité à la grande ».


Pour la mise en œuvre effective de l’approche CFC-RTM, Robert Koné ajoutera qu’après la sensibilisation, il procède à la mise en place d’une cartographie des acteurs intervenants dans le processus. C’est-à-dire qui fait quoi, où et comment il va le faire : « Ensuite, nous mettons en place un plan intégré de suivi auquel chacun contribuera à sa manière pour remonter les informations en temps réel. Un comité est chargé de la mise en œuvre effective de l’approche CFC. Chaque acteur défini ses termes de référence, et enfin découlera l’accompagnement en termes de ressources. Bref, le suivi doit être régulier », complétera-t-il.

Sur le terrain, les agents de santé communautaires mobilisés depuis août 2018, ne ménagent aucun effort pour permettre à chaque enfant de jouir pleinement de ses droits. Julienne Lamah, 28 ans, ASC, diplômée de l’école nationale de la santé de Kindia, supervise 10 RECO : « Notre travail consiste à veiller à ce que les RECO remplissent correctement les registres de suivi des enfants de 0 à 5 ans et les femmes enceintes. Ce travail est fait en respectant tous les paramètres, à savoir, la sensibilisation des mères de famille dans la prise en charge de l’alimentation de leurs enfants, le lavage des mains, les pratiques familiales essentielles, la fréquentation des centres de santé et l’utilisation des moustiquaires ».


Après le passage de la fièvre hémorragique à virus Ebola, la majeure partie des femmes accouchaient dans les villages. La communauté était réticente à fréquenter les centres de santé, mais depuis le déploiement des RECO en 2018, toutes les femmes enceintes sont répertoriées et acceptent de fréquenter les centres et postes de santé jusqu’à l’accouchement.

Avant le monitorage en temps réel du CFC, les autorités de Bossou avaient déterminé certains indicateurs pour suivre le système de santé communautaire. Goto Justin Traoré, chef service développement rural, expliquera :


« On se sert de ces indicateurs, pour suivre le système dans notre communauté, veiller à l’enregistrement des naissances, appui aux femmes en grossesse, contrôle de la vaccination des enfants, l’hygiène dans les écoles, centre de santé et poste de santé ».

Initié par l’UNICEF, l’approche “CFC — RTM “ constitue une plateforme qui permet aux leaders locaux de faire le plaidoyer, promouvoir et engager l’ensemble des partenaires y compris le secteur privé et les organisations de la société civile, à s’aligner sur le principe d’un mécanisme de coordination, d’un plan multisectoriel et d’un système de monitorage unique.

Ibrahima Sory Kaba UNICEF Guinée