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Président de l'UA, Alpha Condé accueilli à Conakry par ses partisans joyeux d'un côté, ses opposants furieux qui cassent, pillent et brûlent de l'autre

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C'est la première fois qu'un chef d'Etat guinéen occupe le poste de président de l'Union Africaine.

La foule était dense dans les rues de la capitale guinéenne. Des artistes, des hommes et femmes vêtus de blancs, des jeunes en T-shirt à l'effigie du président Alpha Condé.

Les critiques notent que le retour du président Condé coïncide également avec une pénurie de carburant.

En plus de l'ambiance festive, l'on pouvait lire sur des pancartes « Alpha pour les jeunes et les femmes, Alpha le panafricain ». Le comité d'organisation qui a initié cet accueil a exprimé sa fierté de voir pour la première fois un chef de l'Etat guinéen accéder à ce poste. Les nombreux guinéens qui se sont mobilisés ont exprimé la même fierté.

Le comité d'organisation estime que le rôle d'Alpha Condé dans la crise gambienne explique le choix exprimé par les membres de l'Union Africaine (UA). Cependant des Guinéens ne sont pas venus à cet accueil et estiment que le président Alpha devrait s'atteler à résoudre les problèmes de son pays notamment la cherté de la vie et la crise politique. En effet, l'arrivée du président Condé coïncide également avec une pénurie de carburant.

Critiqué pour ses nombreux voyages à l'étranger, le président pourrait ne pas faire face aux problèmes de la Guinée pendant sa mandature à la tête de l'UA.

D'autres habitants de la capitale ont aussi déclaré que le président, critiqué pour ses nombreux voyages à l'étranger, pourrait ne pas faire face aux problèmes de la Guinée pendant sa mandature à la tête de l'UA.

Le chef de l’exécutif guinéen, Alpha Condé, de retour d’Ethiopie où il a été désigné à la présidence tournante de l’Union africaine (UA), a reçu ce jeudi un accueil grandiose à Conakry, sur fond d’agitation sociale.

Contrairement aux jours précédents, la capitale guinéenne, de la haute banlieue au centre-ville, présente un visage contrasté. La fête d’un côté, les manifestations de l’autre.

Sur la route Le Prince, allant de Kagbelen à Hamdallaye, une zone majoritairement habitée par des partisans de l’opposition, des jeunes manifestants étaient aux prises avec les forces de l’ordre. Ils répondaient à l’appel d’un syndicat qui projette une grève.

Tout le long des artères, la circulation routière est quasi-paralysée en raison d’une pénurie de carburant qui frappe de plein fouet tout le pays depuis trois jours.

Par endroits, les jeunes érigent des barricades, brûlent des pneus et bloquent la circulation.

De même, les magasins de commerce sont fermés et les citoyens sont terrés dans les quartiers.


En revanche, sur l’Autoroute Fidel Castro, allant de l’aéroport de Conakry au pont l’Échangeur, en passant par le grand marché Madina, les partisans du pouvoir, tout de blanc ou de jaunes vêtus, occupaient cet axe.

A chaque carrefour, une forte sonorisation distillait des chansons du terroir. Au palais du peuple de Conakry et à la Place des martyrs, les supporters étaient agglutinés, attendant leur champion.

A son arrivée à l’aéroport de Conakry, le nouveau président en exercice de l’UA, Alpha Condé, a été accueilli par une déferlante populaire massée aux alentours.

De Gbessia, le chef de l’État, Alpha Condé, s’est rendu à la Place des martyrs située au centre-ville, suivi par un cortège de ses partisans.

En sa qualité de président en exercice de l'Union africaine (UA), le chef de l'Etat guinéen Alpha Condé a été accueilli jeudi en "grande pompe" par la population de Conakry, a constaté un correspondant de Xinhua.

Dès sa sortie de l'avion, le président de la République a exprimé sa satisfaction face à la grande mobilisation de la population, qui lui a réservé un accueil chaleureux, signe de son soutien pour sa désignation à la tête de l'UA. Tout au long de l'autoroute Fidel Castro, de l'aéroport international de Conakry Gbéssia au centre-ville de Kaloum, sur une distance de 15km environ, la population était massée de part et d'autre de la route, pour saluer les mains levées le retour du président Alpha Condé, en compagnie de sa délégation gouvernementale.

Le cortège du président est ensuite arrivé sur la place des martyrs, où les membres du gouvernement, les diplomatiques accrédités en Guinée, ainsi que les présidents des institutions nationales et internationales l'attendaient, dans une ambiance festive aux couleurs du folklore guinéen. Dans un discours adressé à l'assistance, le président a affirmé que l'exercice de son mandat à la tête de l'UA pour l'année 2017 sera axé sur plusieurs défis actuels du continent noir.

Selon lui, les chefs d'Etat africains doivent désormais participer au financement de l'organisation africaine, pour que l'institution puisse disposer des moyens nécessaires pour engager le développement du continent. "J'ai dit aux présidents africains que sans indépendance financière, il n'y a pas de vraie indépendance de l'Afrique", a déclaré M. Condé. Soulignant ensuite l'importance de poursuivre les réformes engagées par les anciens présidents de l'UA.

Alpha Condé est revenu sur l'importance de l'unité africaine pour faire face aux grands défis qui s'articulent autour de l'insécurité, le changement climatique, l'immigration clandestine, le chômage des jeunes, etc. Selon lui, avec 1,5 milliard d'habitants, l'Afrique dispose de nombreuses opportunités de développement.

Toutefois, le nouveau président de l'UA a déploré le manque de suivi des décisions prises lors des différents sommets des chefs d'Etat de cette institution panafricaine. "Le président Idriss Déby Itno m'a dit que plus de 1.500 décisions ont été prises par les présidents africains sans aucune application", a regretté Alpha Condé, avant de préciser qu'il compte oeuvrer afin que les décisions prises soient suivies et concrétisées.

Pour ce faire, a-t-il dit, plusieurs chefs d'Etat africains ont été chargés par la commission de l'UA pour suivre de près des questions spécifiques et importantes pour l'Afrique. Ainsi, le président du Niger Mahamadou Issoufou se chargera des échanges commerciaux entre l'Afrique et ses partenaires, le président tchadien, Idriss Déby Itno, est chargé des questions de jeunesse, le président sud-africain Jacob Zuma est porte-parole pour que l'Afrique puisse avoir une place au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Les ambitions et la vision des chefs d'Etat africains tournent autour de quatre mots fondamentaux : "solidarité, unité, égalité et liberté", a conclu le président Condé.

Interview d'Alpha Condé dans son ère de gloire de président de l'Union africaine (VIDEO)

Après le sommet d'Addis-Abeba, où il a été désigné président de l'Union africaine, le président guinéen Alpha Condé est rentré ce jeudi chez lui en grande pompe. Il a été accueilli par des milliers de personnes qui l'ont ovationné, de l'aéroport au palais présidentiel.

Tambours, trompettes et autres instruments de musique folklorique, pour attendre Alpha Condé de retour d’Addis-Abeba.

Auréolé du titre de président de l’Union africaine pour l’année 2017, les militants et sympathisants venus nombreux à l’aéroport et sur l’autoroute de Fidel Castro pour acclamer le président : « Je suis là à cause de notre président, Alpha Condé. Je suis très content, c’est la Guinée qui gagne ».

Mais il n’y avait pas que des sympathisants du pouvoir près de l’aéroport. D’autres de passage n’étaient pas là pour l’occasion : « Moi, je suis là pour attendre mon taxi. Je ne suis pas là pour accueillir Alpha Condé. Alpha, il n’a pas été élu, il a été désigné. Comme les gens pensent qu’il a été élu, ce n’est pas ça ».

Le président guinéen s’est félicité du retour du Maroc au sein de la grande famille de l’UA et a rassuré ses compatriotes. « Les chefs d’Etat africains ont montré qu’au-delà de leurs divergences sur le Sahara, ils étaient prêts à s’unir et à continuer le combat pour obtenir que l’Afrique joue son rôle sur le plan international. Tout le monde pensait que le retour du Maroc allait faire éclater l’Union africaine », a déclaré Alpha Condé.

Au même moment où Alpha Condé foulait le sol guinéen, des manifestations de rue, liées à une crise de carburant et de délestage électrique, paralysaient une grande partie de la capitale.

Avec Xinhua, APA, BBC et RFI