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2ème discours du président Alpha Condé qui clôture la 28è session du Sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba

INTERVIEWS  /  1 Feb 2017

Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,

Mesdames et Messieurs les Chefs de délégation,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Madame la Présidente sortante de la Commission de l’Union Africaine,

Madame ou Monsieur le ou la Président (e) entrant de la Commission de l’Union Africaine,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

Ce sont des sentiments de joie et de réconfort que j’éprouve en ce moment, en m’adressant à vous, chers frères et sœurs, à la séance de clôture de cette 28ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement, qui marque à coup sûr, un important jalon dans notre prise de conscience collective en vue de faire de l’Union Africaine, la véritable voix du continent et l’outil de notre prospérité partagée.

Je voudrais me réjouir des importantes décisions, résolutions et recommandations prises, et surtout du climat de compréhension et de réelle volonté politique qui a caractérisé ce Sommet.

Je m’en vais dire toute mon appréciation à mon frère et ami, le Président Idriss Déby ITNO, pour la manière bien africaine avec laquelle il a conduit les destinées de notre Organisation pendant sa présidence.

Nul doute, il aura donné une nouvelle impulsion à l’action du continent à travers une contribution de qualité à notre combat commun pour le renforcement de la paix, de la sécurité, de la stabilité ainsi que pour le développement durable du continent.

Je sais d’avance compter sur ses conseils et son accompagnement.

Nos travaux n’auraient pas eu le succès escompté sans les bonnes dispositions prises par le gouvernement Ethiopien. Que mon frère, Hailemariam DESALEGN trouve ici l’expression de notre profonde gratitude.

Je manquerais à mes obligations si je ne louais les efforts de Dr. Dlamini Nkosazana ZUMA, Présidente sortante de la Commission, qui a su hisser encore plus haut le flambeau de notre institution. Qu’elle en soit remerciée, nous lui souhaitons plein succès dans ses entreprises futures.


Je félicite le nouveau ou la nouvelle Président (e) de la Commission, les membres du Bureau, ainsi que les Commissaires élus, dont les compétences et l’expérience sont un gage de réussite.

Je tiens également à saluer l’intégration du Royaume au sein de la famille africaine à un moment où l’Afrique a besoin de tous ses fils et filles pour œuvrer à la construction d’une entité continentale paisible et prospère.

Je ne doute point que le Royaume du Maroc s’acquittera de sa part de solidarité dans cette entreprise exaltante.

Mesdames et Messieurs,

Notre 28ème Sommet qui a abouti à d’importantes décisions, résolutions et recommandations, s’est déroulé dans un contexte international particulièrement critique. Le monde est confronté à des défis aussi nombreux que complexes dont les conséquences pèsent lourdement sur la sécurité, la stabilité, la coopération et le développement durable.

L’adoption du rapport :

– du Président Paul KAGAME, sur la réforme institutionnelle de l’Union africaine ;

– de la Commission sur la mise en œuvre de la décision sur le financement de l’Union africaine ;

– sur la zone de libre-échange continentale (ZLEC) et le mécanisme pour éliminer les obstacles non tarifaires (ONT) en Afrique ;

– s’inscrivent dans la dynamique de renouveau que nous ambitionnons en vue de doter notre continent d’institutions fiables et efficaces lui permettant de relever les défis qui inhibent son développement.

Les réformes en cours et celles envisagées, permettront d’améliorer le mode de fonctionnement de notre Organisation, et accélèreront la mise en œuvre de l’agenda 2063 qui s’arrime avec les Objectifs du Développement Durable.

C’est le prix de la renaissance africaine dans le cadre d’une véritable souveraineté politique, économique et financière, sur fond d’indépendance énergétique, gage de notre industrialisation.

Notre solidarité collective est le garant du raffermissement de notre capacité à sortir le continent du paradoxe de ses richesses et de son état de pauvreté.

Faisons sauter toutes les barrières qui entravent les échanges entre nos Etats et compromettent l’intégration de leurs économies, toutes choses indispensables à l’accroissement du volume et de la qualité de nos produits, leur permettant ainsi d’être résilients, compétitifs et de s’insérer efficacement dans le système commercial international.

La Zone de Libre-Echange Continentale demeure un passage obligé qui nous mènera vers le marché commun africain, instrument qui renforcera notre capacité à négocier d’une seule voix, notre partenariat avec les autres Organisations.

Ce climat favorable constitue la clé qui nous conduira vers la croissance et le développement durable, car vecteur d’encouragement des investissements concourant à la mise en œuvre de projets porteurs pour la prospérité et le progrès du continent.

Il nous appartient donc de faire de notre continent un espace exempt de conflits, et à l’abri des affres du terrorisme, de l’extrême violence et des pandémies, sur le socle d’une bonne gouvernance.

En nous engageant à faire taire les armes d’ici à 2020 par la mise en œuvre de la feuille de route de l’Union africaine, nous balisons le chemin pour promouvoir la paix et la sécurité, et préserver la stabilité de nos pays, en vue d’assurer un avenir meilleur à nos populations, en particulier à nos femmes et nos jeunes. Pour ce faire, une meilleure responsabilisation de l’Afrique dans la prévention et la gestion est indispensable dans le cadre d’un partenariat multilatéral plus viable.

Mesdames et Messieurs,

L’Afrique doit prendre son destin en main. Elle a tout pour réussir : une population jeune, des femmes dynamiques et porteuses de paix, ainsi que des ressources fabuleuses à exploiter dans la sécurité et dans l’intérêt des populations africaines.

C’est pourquoi, le thème de l’année : « tirer profit du dividende démographique en investissant dans la jeunesse », est un vibrant appel à nous Dirigeants africains, à nous investir pleinement dans la création de conditions favorables à l’épanouissement des femmes et des jeunes, véritables acteurs du développement.

Leur autonomisation sera un rempart contre la pauvreté et les frustrations, sources d’intolérance, d’extrême violence, de terrorisme.

Le bien-être de cette couche sociale constitue un investissement majeur pour l’avenir radieux de notre continent, à l’aune des nouvelles technologies. En effet, l’appropriation par la jeunesse de la 4ème révolution industrielle cristallisera sa contribution à la réalisation des nombreux objectifs contenus dans les agendas 2063 et 2030.

Aussi, une jeunesse active, encadrée et épanouie sonnera le glas à l’immigration clandestine qui s’exacerbe ces derniers temps, et dont les conséquences dramatiques nous interpellent tous les jours. Cela suppose également l’implication du secteur privé et de tous les acteurs socioéconomiques dans notre combat collectif contre la pauvreté.

Mesdames et Messieurs,

Notre Organisation, pour jouer le rôle qui lui revient sur la scène internationale, doit d’abord compter sur ses propres forces.

En nous acquittant de nos contributions et en recherchant des sources alternatives de financements, nous serons à même de réaliser les aspirations légitimes de nos peuples. Notre crédibilité et notre efficacité en dépendent.

C’est pourquoi, dans l’exercice du mandat que vous avez bien voulu me confier, je ne ménagerai aucun effort pour que nos peuples renforcent leur confiance en notre action collective.

L’Afrique a plus que besoin de se frayer un chemin dans les dédalles de la mondialisation. Nous y arriverons ensemble. Vos contributions pertinentes au cours de ce Sommet, augurent déjà de belles perspectives pour notre continent.

Avant de conclure, je voudrais, en votre nom, remercier les interprètes et l’ensemble du personnel technique et de sécurité pour leur contribution inestimable au succès de nos travaux.

Je déclare close la 28ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine.

Je vous remercie.