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Cellou Dalein Diallo à la radio: « Alpha Condé a reçu l'ordre de me liquider et organiser des obsèques grandioses »

INTERVIEWS  /  27 Aug 2016

Le chef de file de l'opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, accuse le professeur-président Alpha Condé d'avoir déjà planifié son assassinat :

Cellou Dalein Diallo : «Alpha Condé a reçu l'ordre de me liquider et organiser des obsèques grandioses.»

Journaliste : «Avez-vous des preuves ?»

Cellou Dalein Diallo : «Non ! Je n'en ai pas.»,

révèle cet extrait d'un entretien avec des journalistes.

Déclaration d'Amadou Damaro Camara, haut responsable du RPG d'Alpha Condé, député et président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle à l’assemblée nationale guinéenne :

"(...)

Malgré la marche, on ne trouve pas de revendications précises pour dire voici ce que l’opposition revendique et veut obtenir. Quand on veut revendiquer l’essentiel aujourd’hui, ce sont les élections communales.

On commence par dire qu’il faut demander le départ du président. Quelques jours après, c’est l’un des lieutenants d’Elhadj Cellou Dalein Diallo qui traite le président du criminel ambulant.

Quelques jours après, c’est Elhadj Cellou lui-même qui dit qu’il est menacé de mort et les caciques du RPG ont recommandé à Alpha Condé de le liquider et organiser des obsèques grandioses et c’est fini. On lui demande s’il a des preuves, il dit qu’il n’en a pas. Quand ça vient de lui, ça vaut le pesant d’or. Ensuite, il dit que le président n’a pas gagné son élection de 2010 et celle de 2015.

Les opposants ont proposé tout ce qu’ils ont à proposer pendant la campagne de l'élection présidentielle de 2015, mais le peuple a choisi Alpha Condé.

Huit mois après la réélection du Président Alpha Condé, la stratégie de l’opposition, ‘’c’est de déstabiliser le régime, d’appeler la communauté internationale à nouveau pour qu’on aille à autre chose.

(...)"

Etrait d'une déclaration du chef de file de l'opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, invité d'une radio privée de Conakry, la capitale la plus sale, la plus misérable et la plus malheureuse du monde (lundi 22 août 2016) :

« (...)

J’allais lui proposer un dispositif pour lutter contre la corruption, je vais faire en sorte qu’on mette définitivement fin à ces marchés de gré à gré, qu’on respecte nos lois et nos engagements internationaux et pour qu’on ait une gestion plus vertueuse, ce n’est pas le cas.

Il y a eu trop de corruption, trop de laxisme et d’impunité dans la gestion de la chose publique. Il faut qu’on fasse preuve d’un peu de rigueur.

Mais je préfère plutôt être à sa place que d’être son Premier ministre

Prendrait part à la formation d’un gouvernement d’union nationale ? Il dépend de quel gouvernement et sur quel programme, je suis à la tête d’un parti démocratique, le parti appréciera le programme autour duquel il y aurait ce gouvernement pour savoir si on peut prendre part ou pas.

Notre pays a reculé ! Voyez l’état de notre réseau routier, quelle est la destination que vous allez emprunter pour circuler tranquillement. Allez à Kindia, Mamou à Faranah, de Mamou à Labé partout le réseau s’est complétement dégradé parce que les ressources affectées pour l’entretien routier en 2015 ont été détournées pour financer la mascarade électorale et l’achat des consciences.

On va dire que c’est nous qui avions construit ces mauvaises routes, ce qui n’est pas vrai. Les routes qui ont été construites lorsque j’étais ministre des Travaux publics sont intactes. Mais chaque investissement a une durée de vie.

La route Conakry-Mamou a été construite en 1985, elle devait être entretenue. On avait besoin d’un entretien périodique, mais ils n’ont pas utilisé l’argent où il faut.

Tous les problèmes qui sont des conséquences directes de la mauvaise gouvernance sont présentés comme des choses héritées des anciens Premiers ministres ou d’Ebola. Alpha n’assume rien du tout, que ce soit le recul de la démocratie, la dégradation du réseau routier, l’insalubrité au niveau de Conakry, on a tendance à tout attribuer aux anciens Premiers ministres.

(...) C’est absolument faux (...). Je vais vous donner le compte tenu de la conversation avec l’honorable Damaro. Il m’a appelé le jeudi pour me féliciter pour la marche pacifique et m’adresser ses condoléances pour le décès de mon militant.

Il m’a annoncé qu’il sera lui-même à la levée du corps. Je l’informe qu’il n’y a pas de cérémonie à la levée du corps et qu’on a décidé d’organiser une cérémonie comme celle qu’on a organisée au décès de mon garde du corps qui était en détention. C’est-à-dire tout se fera à Bambeto. Il me dit "alors j’irai à Bambeto". Je lui ai dit "nous-mêmes, leaders de l’opposition républicaine, nous nous retrouvons à mon bureau, de là on va à Bambeto". Il a dit "alors je vais venir là-bas". Voilà tout ce qu’on s’est dit.

On a même informé le gouverneur vers midi pour dire qu’on fait cette cérémonie et qu’on ne souhaite pas que les gendarmes et les policiers soient déployés. Il y aura des regroupements à la mosquée de Bambeto. Entre la mosquée et le cimetière, il y aura une petite marche, mais rien d’autre.

Nous lui avons demandé de dire aux gendarmes et policiers de ne pas participer à cette cérémonie pour ne pas susciter la violence.

Lorsque Damaro m’a appelé vers 21h, le programme était déjà établi. Je lui ai donné l’information et il a dit qu’il se joindra à nous au bureau pour aller à Bambeto.

Rien d’autre ne s’est passé, il n’y a pas eu de négociation. Il n’a fait aucun commentaire, il a dit qu’il se plie au programme.

(...) »

Saran Condé Conakrytime.com