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Sénégal : pour Moustapha Niasse, une retraite bien méritée ?

GUINÉE  /  19 Jul 2021

Le président de l’Assemblée nationale se dit prêt à céder les rênes de son parti, l’AFP. Quant à son alliance avec Macky Sall, elle reste assurée jusqu’à 2024, au moins.

Il marche à pas décidés, visage fermé, chemise kaki qui lui donne un petit air révolutionnaire, pierre à la main. En face de lui, les forces de l’ordre ; dans son dos, le bâtiment de l’Assemblée nationale. Si Moustapha Niasse était présent devant le bâtiment du centre-ville, ce 23 juin 2011, ce n’était certainement pas en tant que président de l’Assemblée. En ce jour historique où, sous la pression de la rue, le président Abdoulaye Wade avait finalement renoncé au projet de réforme constitutionnelle qui lui aurait offert un troisième mandat sur un plateau, Moustapha Niasse faisait partie des milliers de Sénégalais mobilisés pour obtenir le retrait du projet de loi.

Désormais, l’homme d’État n’officie plus devant l’Assemblée, mais en son cœur. Il la préside depuis juillet 2012, au lendemain de la victoire de son allié Macky Sall, et porte résolument ses projets de loi devant les députés. De son perchoir, le président distribue et retire la parole, rappelant méthodiquement les dispositions du règlement intérieur. Capable de répéter, imperturbable, « Taisez-vous », des dizaines de fois sur un ton monocorde devant des députés survoltés, jusqu’à ce que l’assistance se calme. Il peut aussi s’agacer rapidement.

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« C’est un homme de méthode, très attaché aux procédures et aux institutions, dit de lui Madieyna Diouf, l’un de ses plus vieux amis, avec qui il a fondé son parti, l’Alliance des forces de progrès (AFP). Il a aussi un sacré tempérament ! »

Depuis 2012, Moustapha Niasse a dirigé des débats souvent houleux au sein de l’Assemblée. Et mené des discussions qui ont conduit, in fine, à l’adoption de dispositions controversées. Perte de l’immunité parlementaire de l’ancien maire de Dakar Khalifa Sall en 2017, puis de son collègue de l’opposition Ousmane Sonko en 2021 ; adoption d’un projet de loi contre le terrorisme accusé de cibler directement le droit de manifester, ou, plus récemment, d’une réforme du code électoral excluant certains opposants du jeu électoral…

Homme d’État

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