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Aboubacar Sylla: « Un 3ème mandat pour Alpha Condé n’est pas une fatalité », c'est ce qu'on est obligé d'avaler en Guinée

GUINÉE  /  20 Jan 2020

En Guinée, un policier qui avait fait usage d'une arme létale lors d'une manifestation vient d'être mis aux arrêts. C'est l'une des rares mesures de sanction prises jusqu'ici suite à ce genre d'actes et elle intervient alors que les manifestations contre un projet de troisième mandat, la semaine dernière, ont conduit à la mort d'au moins trois personnes. Pourquoi si peu de sanctions ont-elles été prises jusqu'ici suite à l'usage de la violence dans le cadre du maintien de l'ordre ? Quelle lecture les autorités guinéennes font-elles par ailleurs des marches qui ont eu lieu la semaine dernière ? Pour en parler, notre invité est le porte-parole du gouvernement, Aboubacar Sylla. De passage à Paris, il répond aux questions de Laurent Correau.

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Le porte-parole du gouvernement guinéen était l’invité Afrique de Radio France Internationale ce lundi 20 janvier 2020.

Évoquant le projet de nouvelle constitution dont une frange de la population guinéenne réunie au sein du FNDC s’y oppose, Aboubacar Sylla a persisté et signé qu’un 3ème mandat en faveur d’Alpha Condé n’est pas à l’ordre du jour.

« Le 3ème mandat n’est pas à l’ordre du jour aujourd’hui en Guinée. Aujourd’hui, nous sommes en train de parler d’une nouvelle constitution, pour une raison très simple. D’abord, la constitution actuelle, ça semble surréaliste, ce n’est pas une constitution qui a été adoptée par le peuple de Guinée ! », a déclaré Aboubacar Sylla.

Naturellement, l’adoption de la nouvelle constitution dont le contenu est déjà en cours de divulgation, pourrait éventuellement ouvrir la voie au président de la République Alpha Condé à se présenter pour un nouveau mandat.

Et c’est justement là, toute la crainte des opposants à ce projet de nouvelle constitution.

Sur cette question, Aboubacar Sylla répond : « C’est une éventualité, mais ce n’est pas une fatalité », a martelé le leader de l’Union des Forces du Changement sur RFI.

Répondant à la question comment est-ce qu’il explique le décalage qu’il n’ya qu’une seule condamnation sur un bilan de plus de 120 morts en neuf ans selon l’opposition, le ministre porte-parole du gouvernement affirme qu’il n’ya pas d’indices qui permettent de retrouver ceux qui tirent.

Pour identifier les auteurs de ces crimes, Aboubacar Sylla invite les citoyens à faire appel aux officiers de police judiciaire lorsque les crimes sont commis.

« Il n’ya pas de preuves qui permettent d’identifier ceux qui tirent. Il y’a trop de perturbations des scènes de crimes. Lorsqu’il y’a des crimes, il ne faut pas déplacer les corps, il faut attendre que les officiers de police judiciaire viennent pour commencer les enquêtes et à partir de là, il sera peut-être possible d’identifier ceux les coupables et de les traduire devant les tribunaux. Ce n’est à l’honneur de personne que les manifestations en Guinée se traduisent par autant de morts », a-t-il fait savoir dans l’invité Afrique de nos confrères de Radio France Internationale.

Avec RFI