conakrytime

Le régime d'Alpha Condé commence à se suicider et insulte grave le ministre français des affaires étrangères, Jean Yves le Driand

GUINÉE  /  17 Jan 2020

La crise sociopolitique que traverse la Guinée, préoccupe la France.

Répondant à la question d’un député de la commission des affaires étrangères, au sujet de cette situation, le chef de la diplomatie française, a exprimé l’inquiétude de son pays, face à la montée, ces derniers temps, des tensions en Guinée, avant d’appeler à l’apaisement.

Réagissant à cette prise de position du ministre français des affaires étrangères, Amadou Damaro Camara, s’est voulu tranchant.

« Il n’est pas le ministre des affaires étrangères de la Guinée. Depuis une quarantaine de jours, toute la France est en grève, c’est préoccupant ça aussi. Il s’agit de la Guinée et non de la France », a-t-il lancé.

Amadou Damaro Camara, a déploré le fait que les medias l’aient interpellé à propos de la sortie du chef de la diplomatie française, et ignoré celle du président malien IBK.

Pour autant, soutient-il, ce dernier avait aussi exprimé une position sur la question fondamentale au cœur de la crise guinéenne, à savoir celle relative à une nouvelle constitution.

JEAN YVES LE DRIAN : « L’ENGAGEMENT DU PRÉSIDENT ALPHA CONDÉ…NE NOUS PARAÎT PAS ÊTRE OBLIGATOIREMENT PARTAGÉ NI PAR SA POPULATION NI PAR SES VOISINS »

La France est « particulièrement » préoccupée par les violences politiques en Guinée, où le projet de troisième mandat prêté au président Alpha Condé est très contesté, et appelle à « l’apaisement » dans ce pays, a déclaré mardi le chef de la diplomatie française.


« Nous sommes aujourd’hui particulièrement soucieux de la situation en Guinée et nous appelons à l’apaisement », a relevé Jean-Yves Le Drian lors d’une audition devant la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale. « Nous sommes très attentifs avec nos partenaires à l’apaisement en Guinée », a ajouté le ministre français des Affaires étrangères.

« C’est la situation la plus sensible aujourd’hui (dans la région) et l’engagement du président Alpha Condé à demander une réforme de la Constitution ne nous paraît pas être obligatoirement partagé ni par sa population ni par ses voisins », a-t-il souligné.

L’opposition en Guinée est convaincue qu’Alpha Condé, élu en 2010 et réélu en 2015, entend se représenter fin 2020 alors que la Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

Elle a été confortée dans ses craintes en décembre quand M. Condé, 81 ans, a indiqué qu’il comptait soumettre aux Guinéens un projet de nouvelle Constitution, même s’il ne s’est pas exprimé sur ses intentions personnelles.

Au moins 23 civils et un gendarme ont trouvé la mort dans ce contexte depuis la mi-octobre et le début d’une protestation à plusieurs reprises durement réprimée par les services de sécurité.

Le mouvement est monté d’un cran lundi avec le lancement par l’opposition d’une mobilisation « massive » et « illimitée ».

Trois personnes ont été tuées depuis dans les violences politiques.

Deux commissariats ont aussi été saccagés mardi à Pita, à 200 km de la capitale, Conakry.

Avec L’AFP