conakrytime

En Guinée, les fondateurs des nombreuses et médiocres Universités privées menacent l'Etat corrompu et faible

AFRIQUE  /  20 Mar 2017

Le Forum Civil Guinéen (FCG) a tenu une conférence, mercredi, 15 mars dernier, à la Maison de la presse de Coléah, avec pour thème, «réaction des fondateurs des Universités privées de Guinée suite à la déclaration du ministre de l’Enseignement supérieur», rapporte l’AGP.

Parlant au nom de la Chambre Représentative des Universités Privées (CRESUP), la fondatrice de l’Université Amadou Dieng, Ramatoulaye Dieng a rappelé, que le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (ESRS) a tenu une conférence de presse le 1er mars 2017 autour des résultats provisoires de l’opération de recensement biométrique dans les institutions d’enseignement supérieur publiques et privées. «D’après lui, il ressort que les étudiants des Universités privées sont au nombre de 52.051, dont 32.976 étudiants seraient des fictifs», a-t-elle cité.

«Réunis ce jour en session extraordinaire, la CRESUP rejette ces chiffres et informe l’opinion nationale et internationale, que l’effectif réel de l’ensemble des Universités privées dans les contrats officiels est de 25.711 étudiants.

Nous rappelons que ces derniers chiffres sont les chiffres officiels du ministère lui-même, et constituent la base de paiement des boursiers de l’Etat reçus dans les Universités privées», a indiqué la porte-parole.

Elle s’est ainsi interrogée : «Comment donc le nombre de fictifs peut-il être supérieur à l’effectif officiellement inscrit dans nos Universités?», ajoutant que «les deux plus grandes Universités qu’il a incriminées avoir 5.000 fictifs (Université de Nongo Conakry (UNC et Université Koffi Annan de Guinée) (UKAG), ont des effectifs contractuels de seulement 3.465 étudiants».

«Encore une fois, il est incohérent d’annoncer un nombre de fictifs plus élevé que le nombre d’étudiants», s’est-elle indigné.

Elle a, par ailleurs, souhaité que «la différence entre l’effectif total annoncé et l’effectif contractuel, soit 26.340 étudiants, soit justifiés par monsieur le ministre».

La porte-parole de la CRESUP à cette rencontre, Ramatoulaye Dieng, a menacé de prendre toutes les dispositions qui s’imposent.

«La CRESUP se réserve le droit, après concertation et analyse des implications de la campagne médiatique de diffamation qui porte gravement atteinte à l’honneur et à la dignité des Universités privées, de prendre, dans les jours à venir, toutes les dispositions qui s’imposent, y compris l’arrêt éventuel des cours jusqu’à la clarification effective de cette situation», a-t-elle proféré.

Avec AGP